/Aristotl
Tous les guides

Guide

Formation à la sécurité alimentaire pour la restauration multisite

Un client demande si la sauce contient du céleri. On est vendredi, 19h40, la cuisine a trois tickets de retard, et la personne qui reçoit cette question est une étudiante dans sa deuxième semaine, à qui on a montré une fois le classeur allergènes, en néerlandais, par un chef de shift qui était occupé lui aussi.

Quoi que dise votre manuel qualité, cet échange est le moment où votre conformité se produit ou ne se produit pas. Tout ce qui suit vise à réduire la distance entre le manuel et ce comptoir, sur chacun de vos sites.

Ce guide s'adresse aux restaurants, cantines, sociétés de catering et commerces alimentaires. Les sites de production fonctionnent autrement, avec une ligne fixe, un plan HACCP écrit construit autour de points critiques mesurés et un audit de certification par-dessus ; c'est traité séparément.

La loi demande un résultat, pas un cours

Deux obligations se trouvent sous tout le reste. Le règlement (CE) 852/2004 art. 5 impose aux exploitants du secteur alimentaire de mettre en place, d'appliquer et de maintenir des procédures fondées sur les principes HACCP. L'annexe II, chapitre XII ajoute l'obligation de formation : les manipulateurs de denrées alimentaires sont encadrés et informés ou formés en matière d'hygiène alimentaire en fonction de leur activité professionnelle, et les responsables de l'élaboration et du maintien de la procédure HACCP ont reçu une formation adéquate à l'application des principes HACCP.

Lisez attentivement cette seconde partie, car les chaînes achètent régulièrement la mauvaise chose ici. La formation aux principes HACCP vise les personnes qui construisent et entretiennent la procédure, en général un responsable qualité et peut-être vos managers de zone. L'obligation pour le reste de l'équipe est une instruction en hygiène proportionnée à ce qu'elles font réellement.

Et le règlement ne nomme aucun cours, aucun certificat, aucune durée minimale, aucun intervalle de recyclage. Ce n'est pas une échappatoire. C'est une obligation plus lourde qu'un certificat, car la norme est l'aptitude à la tâche et non la présence à une session. Cela veut dire aussi que personne ne peut vous affirmer qu'un module en salle de deux heures est obligatoire, et personne ne peut vous affirmer qu'il suffit.

Le chapitre XIa en fait un sujet de direction, pas un sujet du service qualité

L'annexe II, chapitre XIa sur la culture de la sécurité alimentaire, inséré par le règlement (UE) 2021/382, est la partie du règlement que la plupart des exploitants n'ont pas lue. Il exige l'engagement de la direction, y compris s'assurer qu'il existe une formation et un encadrement appropriés du personnel. Il exige la sensibilisation de tous les employés aux dangers pour la sécurité alimentaire et à l'importance de l'hygiène. Il exige une communication ouverte au sein de l'équipe.

Pour une entreprise multisite, cela change le propriétaire du problème. La sensibilisation de tous les employés n'est pas quelque chose qu'un responsable qualité au siège crée avec un document. Elle se crée ou se détruit dans ce qui se passe pendant un shift sur le site 23, ce qui en fait une obligation d'exploitation portée par les mêmes managers de ligne qui portent le coût du travail et la vitesse de service.

Belgique : le système est obligatoire, la validation ne l'est pas

Tout exploitant en Belgique doit instaurer, appliquer et maintenir un autocontrolesysteem (système d'autocontrôle) en vertu de l'AR du 14 novembre 2003, art. 3, paragraphe 1. En vertu de l'art. 9, un exploitant peut utiliser un autocontrolegids (guide sectoriel) approuvé par l'AFSCA plutôt que de tout rédiger de zéro, et en vertu de l'art. 10 l'AFSCA peut déléguer la validation à des organismes de certification et d'inspection agréés.

La distinction que l'on manque : avoir le système est obligatoire, le faire valider est volontaire. La validation apporte deux choses concrètes, une contribution annuelle réduite et une fréquence d'inspection plus basse, et elle s'accompagne de conditions qu'il vaut mieux vérifier avant d'y compter. La validation doit couvrir toutes les activités de l'unité d'établissement, et elle doit couvrir l'année civile précédente complète.

Ces deux conditions sont des conditions de formation déguisées. Un site qui a ouvert une nouvelle activité en cours d'année, ou un site dont l'instruction en hygiène s'est discrètement interrompue pendant un trimestre parce qu'un poste de manager était vacant, est le site qui casse le schéma pour toute l'unité d'établissement.

Pays-Bas : un hygienecode est une voie, pas une exigence

Les exploitants néerlandais portent la même obligation HACCP issue de 852/2004, transposée au niveau national par le Warenwetbesluit hygiene van levensmiddelen. Un hygienecode est un plan sectoriel élaboré par une organisation professionnelle et approuvé par la NVWA.

Deux choses à son sujet sont largement mal comprises. Son usage n'est pas obligatoire : une entreprise doit disposer d'un système fondé sur HACCP, et elle peut écrire le sien ou suivre un code approuvé. Et il n'existe pas de diplôme d'hygiène national obligatoire pour les manipulateurs de denrées ordinaires. Si un fournisseur vend à votre chaîne un certificat obligatoire pour chaque employé, demandez-lui quelle disposition l'impose.

La conséquence pratique pour un groupe belge avec des sites néerlandais, ou l'inverse, est que l'architecture documentaire diffère alors que l'instruction sur le terrain est presque identique. Construisez l'instruction une fois, par rôle, et laissez la paperasse au-dessus différer par pays.

Pour les denrées non préemballées, la règle repose sur la personne présente

C'est le point le plus tranchant en restauration, et il mérite le plus d'attention.

Presque tout ce que vous vendez est non préemballé. Le règlement (UE) 1169/2011 art. 44(1)(a) rend l'information sur les allergènes obligatoire pour les denrées non préemballées, le détail étant laissé au droit national. Les deux pays autorisent ensuite la voie orale, et tous deux y attachent une condition qui est en réalité une condition d'effectif et de formation.

En Belgique, l'AR du 17 juillet 2014 permet de donner l'information par écrit (affichée de manière visible, ou tenue dans un registre au point de vente avec un renvoi clair) ou oralement. L'oral n'est permis que si un membre du personnel est présent et capable de donner une information correcte et complète.

Aux Pays-Bas, la Warenwetregeling allergeneninformatie niet-voorverpakte levensmiddelen art. 3 permet l'information orale à condition qu'elle soit donnée sans délai et correctement, que l'information écrite soit disponible pour le personnel et pour le contrôle, et qu'un avis visible oriente le client vers un membre du personnel. Notez cette condition intermédiaire : la source écrite doit être là pour l'inspecteur autant que pour votre équipe, et c'est pourquoi "le chef sait" n'est pas un système.

La règle est écrite au sujet de la personne que personne ne forme correctement

Mettez ces deux dispositions côte à côte et vous obtenez une construction juridique inhabituelle. L'obligation ne s'acquitte pas par une politique, une matrice ou un classeur. Elle s'acquitte, commande après commande, par la personne qui se trouve à ce moment-là au comptoir, en salle ou à la ligne de service.

En pratique, cette personne est la plus récente, la plus à temps partiel, la plus susceptible de venir d'un uitzendkantoor de votre équipe, et elle assure le shift que la direction n'assure pas. C'est aussi la personne que votre programme de formation atteint en dernier, car la session d'accueil standard a lieu un après-midi de semaine et elle a commencé un samedi.

Ce décalage est tout le problème, et on ne le résout pas en allongeant la formation allergènes. On le résout en la faisant parvenir à cette personne avant son premier shift, dans la langue qu'elle lit, sous une forme qui tient entre deux services, et en pouvant voir, par site, qui l'a réellement suivie.

La construire à partir de ce que vos sites détiennent déjà

Le matériel existe : la matrice des allergènes, la spécification des recettes, les checklists de nettoyage et de température, les procédures d'autocontrôle, la routine d'ouverture et de fermeture. Aristotl convertit ces documents en cours de trois à cinq minutes qu'un serveur, un cuisinier ou un équipier de comptoir termine sur son propre téléphone, sans ordinateur portable et sans installer d'application, chacun avec un contrôle de connaissances afin que ce que vous détenez ensuite soit un résultat et non une signature.

Le contenu est traduit par employé, et c'est ce qui rend l'instruction proportionnée à la tâche pour une équipe qui lit le néerlandais, le français, le polonais et le portugais. L'achèvement est enregistré par site, par rôle et par version, et il s'exporte, de sorte que si le menu change le lundi, vous voyez dès le mardi quelles cuisines et quels comptoirs travaillent réellement avec la nouvelle information, au lieu de l'apprendre d'un client.

Commencez par la question que votre personnel rate

Prenez le plat ou le produit de comptoir qui génère le plus de questions sur les allergènes, et le site où vous aimeriez le moins voir tomber une inspection. Dans une démo, nous en faisons les cours que vos shifts recevraient, et nous vous montrons à quoi ressemble l'enregistrement de ce site le lendemain matin.

Prêt à mettre cela en pratique ?